“When Lights Are Low” – (transcriptions)

Pour soutenir mon travail vous pouvez vous procurer les pdf de ces transcriptions (solfège, tablatures, diagrammes d’accords) sur ma page Patreon pour une somme symbolique en devenant un donateur Patreon, c’est sans engagement:
https://www.patreon.com/virtualtranscription

Petit historique de ce thème:

Benny Carter en 1936

Composé et enregistré par Benny Carter en 1936 avec Elisabeth Welch au chant, (il enregistrera même une version chantée par lui la même année), ce thème deviendra l’un de ses titres phares :
– Construit sur la forme classique AABA (32 mesures), il fait apparaitre un contraste entre les “A” en forme de riff (très caractéristique de l’époque swing, permettant une grande liberté dans l’improvisation pour les solistes) et un pont “B” plus audacieux harmoniquement, modulant rapidement avec des II-V-I dans des tons éloignés (il faudra attendre le bebop des années 40 pour que ces techniques se généralisent dans le Jazz).
– De plus les modulations se font par intervalle régulier de tierce mineure divisant l’octave en parties égales (exemple dans ce morceau: CMa => EbMa => GbMa => AMa). Cela rappelle “Central Park West” de John Coltrane composé 24 ans plus tard en 1960!
Les modulations par cycle complet de tierces (majeures ou mineures) sont rares dans la musique de Jazz des années 30/40 mais pas inexistantes. Les grands solistes et compositeurs de Jazz comme Duke Ellington, Billy Strayhorn ou Art Tatum ont très certainement exploré ces pistes. On trouve également ces techniques de composition chez les grands compositeurs de la comédie musicale avec par exemple le célèbre pont en tierces majeures de “Have You Met Miss Jones?” composé en 1937 par Richard Rodgers bien avant le fameux “Giant Steps” de John Coltrane (1959) basé sur le même principe.
– Malgré son originalité et son intérêt musical, le thème “When Lights Are Low” est peu enregistré par les Jazzmen jusqu’aux années 50 (je citerai malgré tout une version du pianiste George Shearing en 1952).
C’est à partir des versions de Miles Davis en 1953 mais surtout en 1956 (avec John Coltrane) que ce thème va devenir un véritable standard. Pourtant Miles Davis va commettre un “sacrilège” pour les puristes en supprimant le pont et ses modulations complexes et en le remplaçant par le riff de départ simplement transposé à la quarte!
C’est pourtant cette version qui va connaitre un véritable succès puisque la plupart des grands noms du Jazz post bop et West Coast adoptent l’arrangement de Miles Davis comme par exemple: Bud Shank (1956), Kenny Clarke (1956), Pete Jolly (1956), Oscar Peterson (1957), Chet Baker (1958), Jimmy Smith (1960), Eric Dolphy (1961), Art Blakey And The Jazz Messengers (1961), Sonny Rollins (1968), Kenny Burrell (1978), Woody Shaw (1981), Monty Alexander (1983), Joe Pass & J.J Johnson (1983).

La version d’Howard Roberts

Howard Roberts

Cette première transcription de “When Lights Are Low” est joué par Howard Roberts dans l’album “Color Him Funky” (1963).
Howard Roberts en fait ici une brillante adaptation à la guitare avec le thème joué entièrement en accords suivi d’un solo mélangeant phrases bop virtuoses et phrases de blues. Contrairement à la mode de l’époque qui impose la version de Miles Davis, Howard Roberts s’inspire de la version originale de Benny Carter.
Guitariste de studio de la West Coast, excellent technicien et pédagogue (un des créateurs de la fameuse école “GIT” “Guitar Institute of Technology), influencé aussi bien par le Bebop que par les guitaristes de Blues et de Country, il a certainement inspiré à son tour des guitaristes comme Hank Garland, George Benson ou Pat Martino.

Ma transcription de la version d’Howard Roberts sur Youtube

La version de Kenny Burrell

Kenny Burrell

Cette seconde transcription de “When Lights Are Low” est joué par Kenny Burrell dans l’album “When Lights Are Low” (1978).
Kenny opte ici pour l’arrangement de Miles Davis, plus simple harmoniquement, mais lui offrant peut-être plus de liberté afin de mettre en valeur la richesse de son langage imprégné de riffs et de Blues. Son solo en accords est également un modèle du genre, il utilise souvent des voicings en quarte pour harmoniser ses phrases de Blues.


Cette transcription est uniquement accessible à mes donateurs sur ma page Patreon:
https://www.patreon.com/virtualtranscription

Ecoutez la version de Kenny Burrell sur Youtube

Soutenez-moi sur Patreon!

Laisser un commentaire